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Conférence du jeudi 16 novembre 2017 avec Dominique FOLSCHEID

21 Octobre 2017, 12:20pm

Publié par Regards Cliniques

Jeudi 16 novembre 2017

 

20h30 – Salle de spectacle du CHNM - 53100 MAYENNE

L’autonomie du patient en débat

 

Que l'autonomie fasse partie des droits des patients apparaît à juste titre comme un moyen efficace d'en finir avec la tentation récurrente de la médecine de les traiter comme des mineurs irresponsables.

Mais si l'on se demande ce qu'il faut entendre ici par autonomie, les choses ne sont pas si simples, pour deux raisons. La première, fondamentale, est qu'il n'y a pas un seul concept de l'autonomie mais deux, et qui sont contradictoires entre eux. La seconde est qu'il est toujours difficile de transformer des concepts d'origine éthique en principes juridiques.

Le premier concept de l'autonomie vient de Kant : « à chacun de se donner à soi-même sa loi ». Il repose sur une éthique fondée sur la liberté, mais à condition qu'elle soit médiatisée par la moralité, sous peine de s'inverser en « hétéronomie ». L'autre concept, qui nous vient d'Amérique, doit sa formulation la plus nette à Tristram Engelhardt, qui fait de l'autonomie un principe fondé sur l'éthique utilitariste : « le bien, c'est ma préférence ».

Ces divergences ont des racines d'ordre religieux, en rapport avec le protestantisme nord-américain, comme d'ordre historique, puisque l'Amérique a dû transformer la loi en règle du jeu procédurale, afin d'assurer la coexistence entre des communautés fort diverses.

De ces différences résultent deux approches divergentes de la médecine : soit la médecine est d'abord une mission, veillant à respecter son éthique ; soit elle tend vers la prestation de service, réglée par contrat entre les parties, avec le juge pour arbitre.

Dans la situation qui est la nôtre, domine une sorte de mélange hésitant entre ces deux grandes options, alors que les mêmes questions se posent toujours sur le terrain. Qu'en est-il de l'autonomie du patient quand elle est oblitérée par sa vulnérabilité ? Jusqu'à quel point oblige-t-elle le médecin, lui aussi autonome ? Permet-elle au médecin de s'exonérer de sa propre responsabilité ? Où placer les limites de la médecine, tant en excès qu'en défaut ? Est-ce à la loi de régler d'avance tous les problèmes, comme si l'éthique était soluble dans le droit ?

 

Dominique FOLSCHEID

Professeur émérite de Philosophie morale et politique à l’Université Paris-Est,

Co-Directeur du Département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins, Paris

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