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Programme 2018-2019

, 11:37am

Publié par Regards Cliniques

 

 

CONFÉRENCES-DÉBATS 2018-2019

 

Mardi 20 novembre 2018

 

Ethique et accompagnement humain : distance et proximité

 

            Après avoir différencié l'éthique de la morale et de la déontologie, Dominique DEPENNE s'attachera à mesurer les enjeux éthiques qui se posent pour tout professionnel qui accompagne des personnes dites « fragilisées ».

 

            L'accompagnement est d'abord et avant tout une relation. Qu'est-ce qu'une relation d'un point de vue éthique ? Qu'est-ce que l'accueil, la rencontre, l'hospitalité, le face-à-face... d'un point de vue éthique ?

 

            « Rester à distance » ou « être dans la proximité » ? Tel serait le dilemme du professionnel dans l'accompagnement et plus largement de l'homme face à l'énigme de la relation humaine. Les deux termes définiraient les deux seules positions entre lesquelles le professionnel pourrait choisir. 

 

            Mais n'y a-t-il pas un piège à présenter les choses ainsi ? Par ailleurs, la proximité est-elle synonyme de fusion ?

 

            Dominique DEPENNE s'attache à différencier les trois termes : distance, proximité et fusion.

 

            La proximité est ce qui s'oppose radicalement et conjointement à la distance et à la fusion. 

 

            L'analyse de Dominique DEPENNE interroge l'idéologie de la « mise à distance », destructrice de toute relation et conjointement interroge toute idée de fusion. La fusion annule autrui par absorption, tandis que la distance détruit les possibilités de relation par l'exclusion de l'autre.

 

            Il soulignera la nécessité de refuser la notion de « l'infâme prise de l'autre » en charge, en soins...qui chosifie les personnes accompagnées. Accompagner, c'est « Aller de compagnie avec ».

 

            Dominique DEPENNE développera et soutiendra l'idée qu'il n'existe qu'un « lieu » pour établir une relation d'accompagnement : la proximité, qui seule permet l'accueil et la rencontre éthiques entre l'accompagnant et l'accompagné.

 

Dominique DEPENNE

Docteur en sociologie politique, Ancien éducateur spécialisé et Chef de service, Formateur à Buc-Ressources

 

Jeudi 7 février 2019

 

Disparaître de soi dans un monde trop saturé

 

Il arrive que l’on ne souhaite plus communiquer, ni se projeter dans le temps, ni même participer au présent ; que l’on soit sans projet, sans désir, et que l’on préfère voir le monde d’une autre rive : c’est la blancheur. La blancheur touche hommes ou femmes ordinaires arrivant au bout de leurs ressources pour continuer à assumer leur personnage. C’est cet état particulier hors des mouvements du lien social où l’on disparaît un temps et dont, paradoxalement, on a besoin pour continuer à vivre.

 

David LE BRETON essaye de comprendre pourquoi tant de gens aujourd’hui se laissent couler, sont pris d’une « passion d’absence » face à notre univers à la recherche de la maîtrise de tout et marqué par une quête effrénée de sensations et d’apparence. Voilà qu’après les signes d’identité, c’est cette volonté d’effacement face à l’obligation de s’individualiser, c’est la recherche d’un degré à minimade la conscience, un « laisser-tomber » pour échapper à ce qui est devenu trop encombrant, qui montent. La nouveauté est que cet état gagne de plus en plus de gens et qu’il est de plus en plus durable.

 

David LE BRETON

Professeur de sociologie à l’Université de STRASBOURG,

Membre de l’Institut Universitaire de France et de l’Institut d’Études Avancées de l’Université de Strasbourg (USIAS)

 

Mardi 2 avril 2019

 

« La Dame de Saint-Lunaire »

 

Projection du film « La Dame de Saint-Lunaire » suivi d’un échange

 

            À Saint-Lunaire en Ille-et-Vilaine, vivait Jeanne DEVIDAL (1908-2008), celle que l'on surnommait « la folle de Saint-Lunaire » ou plus affectueusement « la Dame de Saint-Lunaire ». Pendant 40 ans, elle a bâti une maison incroyable, un « château branlant » entièrement construit à partir de matériaux de récupération.

            Mais qui est donc la « Dame de Saint-Lunaire » ?

            Jeanne DEVIDAL est née à Brest en 1908 dans une famille de cinq frères et sœurs.

            En 1926, Jeanne DEVIDAL débute une carrière professionnelle d'employée au PTT. En 1941, les services postaux l'envoient à Boucé dans l'Orne, un village occupé par les Allemands. « Je pense qu'elle a pu être placée là comme résistante, afin d'intercepter les courriers de dénonciations », suppose Agathe OLÉRON, la réalisatrice du film. Peu avant la Libération, le réseau des résistants de Boucé est démantelé. Ses membres sont sauvagement assassinés le 28 juin 1944.

            En 1947, Jeanne DEVIDAL s'installe à Saint-Lunaire avec sa mère et sa sœur Léonie et achète le terrain de Longchamp à quelques dizaines de mètres du bord de mer.

            C'est à cette époque que Jeanne DEVIDAL commence à prendre des mesures sur son terrain et à établir des plans pour la construction d'un premier pavillon, qu'elle fait édifier par des professionnels. Elle suit les travaux de près et s'initie à la maçonnerie.

            En 1953, sa sœur Léonie, souffrant de troubles délirants, est hospitalisée à Rennes. Elle ne reviendra jamais à Saint-Lunaire. Sa mère meurt en mars 1954.

            A la demande de la préfecture, c'est au tour de Jeanne DEVIDAL d'être hospitalisée en 1956 en psychiatrie à Rennes pour délire de persécution.

            De retour dans sa maison, quelques mois plus tard, elle commence à étendre sa construction, dans un premier temps de manière très artistique avec des bas-reliefs, des coquillages incrustés...

            Se sentant de plus en plus menacée, elle érige des murs formant une enceinte autour de la maison, dans un enchevêtrement d'objets hétéroclites et de végétation. Les murs sont un agglomérat de bric et de broc fait de vieilles paires de chaussures, de coquillages, de cageots, de boîtes de sardine, de bois flotté, de plastique...Le tout consolidé à grand renfort de brouettes de ciment.

            A l'intérieur, c'est un véritable complexe labyrinthique que la dame façonne sans relâche au fil des années. Elle y fait pousser un grand tilleul au milieu du salon...Malgré sa dangerosité, ce « château branlant » sera toléré pendant quarante années par les pouvoirs publics, attirant de plus en plus de curieux.

            Les plaintes du voisinage, qui craint une invasion de rats ou de voir l'édifice s'écrouler, se multiplient, mais la construction reste debout contre vents et marées. Elle résiste même à la terrible tempête d'octobre 1987 !

            Finalement le « mirador » central s'effondre au cours de la nuit de Noël 1990. Jeanne DEVIDAL n'est que très légèrement blessée. Elle est hospitalisée et transférée au foyer-logement de Saint-Briac, où elle fêtera ses 100 ans le 12 janvier 2008, quelques mois avant sa disparition. Les murs d'enceinte, devenus dangereux, sont démolis en 1991.

 

            Des zones d'ombre demeurent autour de la vie de Jeanne DEVIDAL. Pourquoi a-t-elle entrepris la construction d'un tel édifice ? Délire de persécution ou dessein d'une écorchée vive adepte de l'art brut, personne ne sait vraiment...Jusqu'à la fin de ses jours, Jeanne DEVIDAL ne s'est jamais exprimée sur ses motivations.

            Avec son film, Agathe OLÉRON n'a pas la prétention de rétablir la vérité. Mais, elle espère que son film permettra de redonner une identité et de la dignité à cette femme, afin qu'elle ne soit plus seulement « La folle de Saint-Lunaire »..

Agathe OLERON, Auteure et réalisatrice

Maryvonne MICHEL et Mary CAILLIER, Psychologues cliniciennes et co-auteures de « La maison de Saint-Lunaire », Mémoire de maîtrise, 1978

André SAUVAGE, Sociologue de l'urbanisme, Psychologue

 

Mardi 21 mai 2019

 

Violences dans les liens familiaux

 

Dans un contexte social qui bruisse régulièrement des violences familiales de tous ordres, un retour sur la psychopathologie des liens familiaux est nécessaire pour en décrypter les enjeux psycho-affectifs.

 

La violence dans les liens familiaux, physique comme psychique, est prototypique de toute violence hétéro-agressive. Nous explorerons notamment les liens d’emprise et les aspects archaïques du fonctionnement psychique en passant par des récits de cas souvent aux limites du sentiment d’appartenance à la communauté des humains.

 

Florian HOUSSIER

Psychologue clinicien, Psychanalyste, Professeur de psychologie clinique et psychopathologique Université Paris XIII,

Président du CIAL (Collège International de l’Adolescence)