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PROGRAMME 2008-2009

, 10:02am

 

CONFERENCES DEBATS 2008-2009
  • Mardi 18 novembre 2008 : Petit d'homme ou petit homme: le statut de l'enfant.                  
Les évolutions de notre société, et notamment celles de la famille, ont conduit à se poser dans de nouveaux termes la question du statut de l'enfant. Alors que, naguère, il était considéré comme ne disposant pas de la pleine raison (la psychologie dite « génétique» fondant « scientifiquement» une telle façon de le saisir), aujourd'hui il est pour certains déjà un homme et un citoyen à part entière. Son statut politique a incontestablement changé. Qu'en est-il cependant de son statut anthropologique? N'y aurait-il donc plus du tout d'enfant? Comment comprendre, par exemple, le fameux aphorisme  « L'enfant est une personne» ?
Jean-Claude Quentel, psychologue clinicien, professeur de Sciences du Langage à l'Université européenne de Bretagne­Rennes 2. A publié:
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    • L'enfant. Problèmes de genèse et d'histoire. Bruxelles, De Boeck Université, 2éme éd. 1997.
    • Le parent. Responsabilité et culpabilité en question. Bruxelles, De Boeck Université, 2éme éd. 2008. Les fondements des sciences humaines. Ramonville Saint-Agne, Érès, 2007.
    • L'enfant n'est pas une « personne ». Bruxelles, Yapaka.be, 2008, Collection Temps d'arrêt (téléchargeable gratuitement sur intemet).
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  • Mardi 20 janvier 2009 : A fleur de peau : entre tatouage ou piercing et scarification
Résumé: Piercing et tatouage sont des formes d'embellissement du corps. Ils sont choisis pour leur beauté, leur mise en valeur du visage ou du corps, leur touche d'originalité. A la fois objets privés et publics, ils sont destinés à l'appréciation des autres, même s'ils participent de l'intimité dans un monde où il importe d'attirer l'œil avec un signifiant socialement porteur. Ils incarnent une signature de soi sur la peau. A l'inverse, d'autres ne se reconnaissant pas dans une peau qui les enferme dans une identité intolérable, les scarifications sont alors une biffure de soi. Il s'agit de se faire mal pour avoir moins mal. Les scarifications sont une technique de survie pour des jeunes en souffrance.
David Le Breton
Professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg.
Membre de l'Institut Universitaire de France. Membre du laboratoire UMR-CNRS : Cultures et sociétés en Europe ».
Auteur notamment de En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Métailié), Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre (PUF, Quadrige), Signes d'identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles (Métailié), La peau et la trace. Sur les blessures de soi (Métailié), La saveur du monde. Une anthropologie des sens (Métailié) et d'un roman policier: Mort sur la route (Métailié).
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  • Mardi 31 mars 2009    : De nouveaux âges de la vie?
En matière d'âge, nous vivons une époque bien étrange. Les parents, qui souhaitent que leur progéniture soit « en avance sur son âge », sont les premiers à vouloir être, pour ce qui les concerne, en retard sur le leur. L'impatience avec laquelle l'enfant attend son anniversaire n'a d'égal que l'effroi avec lequel l'adulte voit arriver le sien. Dans l'univers professionnel, les « ressources humaines» ne connaissent que deux catégories - junior et senior-, comme si l'on était toujours soit encore trop jeune soit déjà trop vieux pour travailler. Dans la Cité, mêmes bizarreries: en 1974 fut votée la majorité à 18 ans, au moment où la jeunesse s'éternisant, on avait cessé d'être adulte à cet âge; en 1982, ce fut la retraite à 60 ans, alors même que la vieillesse avait bien reculé. On pourrait multiplier les indices de cette grande confusion des âges. L'impératif de notre temps serait-il qu'à tout âge il ne faut surtout pas faire son âge? Avant de décréter la disparition des étapes jadis claires et intangibles sur le chemin de l'existence, il faut regarder les choses d'un peu plus près. Sans doute, la logique de 1'« épanouissement permanent» s'est-elle substituée à celle de l'« accomplissement », mais on aurait tort pour autant de penser que toute scansion de l'existence serait désormais devenue obsolète.
Pierre-Henri Tavoillot Université Paris Sorbonne (Paris IV)
Directeur adjoint de l'UFR de Philosophie et Sociologie, Président du Collège de Philosophie Conseil d'Analyse de la Société
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  • Mardi 12 mai 2009  « L'annonce faite au mari» ou les trois temps du « devenir père» .        
    Depuis « l'annonce faite au mari» (Tu vas être père ou j'attends un enfant de toi) jusqu'au temps de l'accouchement et jusqu'aux premières semaines de la vie du bébé, le père qui est aussi le compagnon de la mère est trop souvent oublié dans son vécu, dans ses fonctions et dans les bouleversements psychiques qu'exige le travail de paternité. Car les pères - en raison d'une évolution historique ayant mené à une véritable révolution anthropologique de la famille, liée en particulier aux valeurs nouvelles d'égalité et de liberté qui accompagnent la parentalité, les rapports de sexe et de génération- ne sont plus ces êtres lointains attendant la naissance d'un héritier. Ils sont impliqués, dès l'annonce de la venue d'un enfant, dans un projet commun avec leurs compagnes. Dans ce contexte nouveau, ce sont les modifications subjectives de la paternité et le vécu des hommes qui sont étudiés ici selon trois temps qui modulent la partition paternelle: temps de l'attente, temps de la naissance, temps du post-partum.
Françoise HURSTEL
Professeur des Universités, Psychanalyste, Strasbourg